Réglement taurin UVTF (préambule)

La célébration des corridas dans les villes membres de l'Union des Villes Taurines de France est légale, et par conséquent, exclue des sanctions prévues à l'article 521-1 du Code Pénal.

Quel que soit le propriétaire des arènes, et quel que soit l'organisateur, le Maire est seul responsable du maintien de l'Ordre Public dans sa Commune à l'occasion de la célébration des corridas ou autres spectacles taurins, et doté de pouvoirs de police lui permettant d'assurer ce maintien.

Le présent règlement est établi dans le respect de l'objet poursuivi par l'Union des Villes Taurines de France qui est d'assurer dans le cadre de sa Culture et de ses Traditions la défense et la sauvegarde des courses de toros avec mise à mort, et d'en permettre la célébration correcte, en  conservant à ces spectacles leur caractère de noblesse et d'équilibre, en empêchant notamment, que ne soient commis des abus dans la présentation des animaux destinés à être combattus.

L'Union des Villes Taurines de France souligne la qualité et la valeur des professionnels français, toreros et éleveurs, et souhaite leur articipation aux spectacles organisés.

Il est par ailleurs précisé que les dispositions du présent règlement ne sauraient affecter ou concerner en aucune façon les conditions de travail ainsi que les rémunérations des différentes personnes intervenant dans les spectacles taurins organisés dans les villes appartenant à l'U.V.T.F

Le présent règlement devra être obligatoirement observé dans toutes les villes membres de l'Union des Villes Taurines de France.

Il devra être signé par tout exploitant d'arène (empresa) annexé au contrat d'empresa.

 

Cliquez sur l'icone pour visualiser l'intégralité du réglement taurin des villes de France

Sorteo

 

Le jour même de la corrida, à midi, a lieu le sorteo, répartition des taureaux entre les matadors par un tirage au sort. Le sorteo est fait en présence du président de la corrida et d'un représentant de chacun des trois matadors. Préalablement au sorteo, les représentants des matadors inspectent les taureaux, puis ils forment les lots en essayant de répartir les taureaux le plus équitablement possible en fonction de leurs facilités ou difficultés supposées. Les numéros des taureaux sont inscrits par paires sur de petits papiers (traditionnellement du papier à cigarettes) par le représentant du plus ancien des matadors ; les papiers sont ensuite roulés en boule par le représentant du matador le plus jeune, puis mis dans le chapeau du mayoral recouvert d'un journal. Chacun tire alors une boule par ordre d’ancienneté, le représentant du matador le plus ancien en premier.

Une fois déterminé le lot de chaque matador, c'est celui-ci qui décidera de l'ordre de sortie des deux taureaux qui lui ont été attribués

 

Le paseo

 

À l’heure prévue, le président sort un mouchoir blanc. Au son

d’un paso doble, le cortège s'avance depuis le patio des cuadrillas,

jusqu'au palco de la présidence, précédé par les alguazils.

 

Au premier rang se trouvent les 3 matadors, classés par ordre

d’ancienneté dans l'alternative, à gauche, dans le sens de la marche,

le plus ancien, le chef de lidia. A droite le second dans l'ancienneté,

au milieu le moins ancien. Si un torero se présente pour la première

fois dans la "plaza", il avance tête découverte, montera à la main.

Derrière suivent les peones puis les picadors, également classés selon

l’ancienneté.

 

Viennent ensuite les monosabios, assistants des picadors, puis les

areneros, employés des arènes qui ont préparé la piste et auront

à charge de la remettre en état entre chaque toro.

 

Le cortège se termine par le train d’arrastre, attelage de mules ou de chevaux, chargé de traîner la dépouille du toro hors de la piste une fois la faena terminée.

 

Passes de cape

 

Une fois la piste dégagée, le président autorise l'ouverture de la porte du toril, après la sortie du toro, le torero et ses peones effectuent des passes de cape (Suerte de Capote).

Celles-ci permettent au matador d’évaluer le comportement du toro, de comprendre sa manière de charger et d'évaluer ses qualités et défauts.

Véronique

Son nom est lié à sainte Véronique et au linge qu’elle tendit au Christ pour essuyer le sang de son visage. C’est la passe fondamentale du travail de cape.

Chicuelina

Le torero se place face au toro pieds joints, cape déployée devant lui, provoque la charge du toro, il commence alors la passe en plombant la cape, donne la direction en déployant la cape près du corps puis finit en s’enroulant et en pivotant. Elle doit être réalisée avec le plus de lenteur possible.

Revolera

Cette passe effectuée à une main permet de faire tourner la cape sur un plan horizontal. Le torero récupère ensuite la cape dans son dos avec l’autre main.

Navarra

Le torero amorce sa passe comme une véronique en citant le toro de face en suivant le leurre, le torero tourne sur lui-même et ainsi il se retrouve à nouveau face au toro et peut enchainer une autre passe.

Gaonera

Quand le toro est fixé, le torero se présente de face, fait passer la cape derrière son dos par-dessus la tête. Quand le toro arrive sur la cape, le torero la retire en pivotant dans le sens contraire de sa course. Il replie ensuite le bras derrière son dos afin d’entrainer le toro du côté opposé.

Farol

La passe commence comme une véronique, le torero levant ensuite la cape au dessus de la tête et pivote en sens contraire de la sortie du toro auquel il tourne le dos avant de se retrouver face à lui.

Larga Afarolada

Passe exécutée avec la cape d’une main (contrairement au farol qui est à deux mains) et est projetée au dessus de la tête par un mouvement tournant.

La Lidia

 

Puis vient l'heure du combat, ("lidia"en espagnol).

Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six toros. Pour chacun d'entre eux, la lidia se déroule selon un protocole immuable, décomposé en trois parties, appelées tercios.

Le matador le plus ancien dans l"alternative est le chef de lidia, il doit être attentif au bon déroulement de la corrida. Ce n’est pas seulement un titre honorifique, au cas où un autre matador serait blessé, le chef de lidia aurait la charge de tuer son toro.

 
 

Tercio de piques

Le premier tercio est le "tercio de piques". Cette phase marque l'entrée des picadors qui, à l'aide de piques, testent la bravoure de l'animal, mais également réduisent sa force, le calment et l'amènent à baisser la tête pour permettre le

bon déroulement du troisième tercio.- Le président ordonnera l’entrée en piste des picadors une fois que l’animal aura

été travaillé avec la cape par le matador.

- Pour faire courir l’animal et l’arrêter, il ne pourra y avoir en piste plus de 3 banderilleros

qui s’y emploieront dès sa sortie dans le ruedo en évitant des courses inutiles.
 

- Il est interdit de "recortar" (tordre) l’animal de l’aveugler dans le capote pour provoquer un

choc contre la barrière ou de lui faire donner des coups de cornes contre les burladeros. Le

matador qui enfreindrait cette interdiction recevra un avertissement du président et dans

ce cas pourrait être sanctionné comme auteur d’une infraction légère, en particulier

si par la suite de son intervention irrégulière l’animal souffrait d’une diminution

sensible de ses facultés. En cours de spectacle, à la demande du chef de lidia ou du

président de la course, l’état de la surface de la piste sera rectifié si cet état l’exige.

’organisateur disposera du matériel immédiatement disponible.
 

- Les picadors interviennent chacun à leur tour. Celui qui doit

intervenir se place conformément aux directives du matador

concerné, à l’opposé du toril, alors que l’autre picador se positionne

dans la partie de piste opposée au premier.
 

- Lorsque le picador se prépare à piquer, il le fait en citant l’animal sur la droite

sans dépasser le cercle le plus proche de la barrière. Le picador veillera à ce

qu’aucun torero ne s’avance au delà de son étrier gauche. L’alguazil

interviendra en cas d’infraction à cette règle. en cas de confirmation

d’alternative, cet ordre sera maintenu. Les confirmations d’alternatives

pourront avoir lieu à la première comparution d’un matador de toro dans une

des arènes de première catégorie française, à condition que l’alternative ait été prise dans un autre pays.
 

- L’animal devra être mis en suerte sans qu’il ne franchisse le cercle le plus éloigné de la barrière et, à aucun moment, les toreros ou les monosabios ne pourront se tenir du côté droit du cheval.

 

- Quand l’animal s’élance vers le cheval le picador effectuera la suerte par la droite, perpendiculaire au cercle extérieur. Il est interdit de vriller, de fermer la sortie à l’animal, de tourner autour de lui, d’insister ou de maintenir le châtiment s’il est mal donné. Le picador devra piquer dans le haut du morillo. Si le toro se sépare du cheval, il est interdit de le piquer à nouveau immédiatement. Les toreros devront écarter immédiatement le toro pour, s’il y a lieu, le remettre à nouveau en suerte tandis que le picador fera reculer son cheval afin de le repositionner.

Les toreros opèreront de la même façon lorsque l’exécution de la suerte est incorrecte et surtout si elle se prolonge trop longtemps. Les picadors pourront à tout moment se défendre et protéger leur cheval.
 

- Si le toro ne charge pas le cheval après avoir été placé à trois reprises au delà du second cercle il sera mis en suerte sans qu’il soit tenu compte de cette limite.

 

- Les animaux recevront un châtiment approprié, pas inférieur à deux piques, à chaque cas selon les circonstances. Le matador en piste pourra demander, s’il l’estime opportun, le changement de tercio et le président décidera de ce qu’il a à faire, compte tenu du châtiment reçu par l’animal. Le président pourra d’autre part ordonner le changement de tercio lorsqu’il jugera que l’animal a été suffisamment châtié.

 

- Lorsque le président ordonne le changement de tercio, les picadors doivent cesser immédiatement le châtiment, mais ils pourront continuer à se défendre et protéger leur cheval jusqu’à ce que les toreros retirent l’animal.
 

- Les toreros à pied qui enfreignent les normes relatives à l’exécution de la pique recevront un avertissement du président et pourront être sanctionnés au troisième avertissement en tant qu’auteurs d’une faute légère.

Les monosabios sont considérés comme auxiliaires du picador, et à cet effet, pourront utiliser un bâton.

 

- Le président donnera un avertissement aux picadors contrevenant aux dispositions du présent article et pourra les sanctionner selon la gravité de l’infraction commise.
 

- Un subalterne de la même cuadrilla se tiendra en piste à côté du picador qui ne participe pas à la suerte de piques, afin d’effectuer les quites permettant d’éviter que l’animal dans sa fuite n’entre en contact avec son cheval.

 

- Aucun toro ne pourra obtenir la "vuelta al ruedo" (tour de piste post mortem) ou "l’indulto" (grâce du président) s’il n’a pas fait preuve d’une bravoure suffisante à la pique
 

- Durant l’exécution de la suerte de piques, tous les matadors demeureront à la gauche du picador.

Le matador à qui correspond la lidia dirigera le déroulement de la suerte et interviendra au moment qu’il jugera nécessaire.
 

- Nonobstant ce qui précède, après chaque pique, les autres matadors feront un quite par ordre d’ancienneté. Si l’un d’entre eux décline l’offre, son tour passera.

Lorsque pour un accident quelconque l’un ou les deux picadors de la cuadrilla en piste ne peuvent continuer leur prestation, ils seront remplacés par ceux des autres cuadrillas par ordre d’ancienneté inversé.

Lorsque du fait de sa couardise, un animal ne pourra être piqué dans les formes indiquées dans les précédents articles, le président pourra, à la demande du matador concerné, ordonner le changement de tercio et décider de la pose des banderilles noires ou de châtiment.

 

Tercio de Banderilles

Le deuxième tercio est le "tercio de banderilles" au cours duquel interviennent les banderilleros, qu'ils soient peones ou le matador en personne ("torero banderillero"). Trois paires de banderilles sont généralement requises, mais le matador peut solliciter de la présidence l'autorisation d'en réduire ou exceptionnellement d'en augmenter le nombre.

 

Chaque cuadrilla comprend deux banderilleros sur trois peones. La tradition veut que le plus ancien pose les première et troisième paires sur le premier taureau, et que celui qui le suit en ancienneté pose les première et troisième paires sur le second. Pour ce faire, le banderillero appelle (cite) l'animal, danse, virevolte et s'élance pour provoquer sa charge. Le troisième peón intervient uniquement pour placer le taureau ou détourner sa charge à l'aide du capote.

Al cuarteo

Le banderillero part du centre de l'arène pour se porter à la rencontre du toro.

De poder a poder

Variante du Al cuarteo beaucoup plus risquée.

Al sesgo por fuera

Le banderillero pose les banderilles en passant devant le toro arrêté à proximité de la barrière, en laissant le toro entre lui et la barrière.

Al sesgo por dentro

Identique au sesgo por fuera, sauf que le banderillero passe entre le toro et la barrière.

Al quiebro

le banderillero immobile déclenche la charge du toro, un instant avant la rencontre il fait mine de partir sur son côté droit en marquant un pas de côté qui a pour effet de dévier légèrement la course du toro,le banderillero profite alors de ce léger écart fait par le toro vers l’extérieur pour regagner sa position initiale et poser les banderilles.

Al violin

Passe exécutée avec la cape d’une main (contrairement au farol qui est à deux mains) et est projetée au dessus de la tête par un mouvement tournant.

 

Tercio de mort

La faena est le travail à pied du matador à l'aide de la muleta et de l'épée. La faena prépare le toro à la mort.

 

À l’origine, les hommes à pied n'étaient que des auxiliaires des varilargueros (porteurs de longues lances, ancêtres des picadors), c'était le tercio de piques qui avait la plus grande importance.

 

la faena est la partie de la lidia qui n'a cessé de prendre de l'importance dans la tauromachie moderne. Autrefois, elle se limitait à quatre ou cinq passes de réglage destinées à mettre en place le toro. De nos jours, si un torero en faisait si peu il déclencherait une bronca.

 

Tout comme celles de capote, les passes de muleta sont innombrables. La faena s'arrête quand le toro cesse de passer, le matador doit savoir la limiter pour laisser au toro le dernier élan pour l'estocade.

Naturelle

La naturelle est exécutée main gauche, la muleta tombant naturellement, soutenue seulement par le palillo. La surface du leurre est donc réduite.

Derechazo

C’est une passe de base utilisée en début de faena pour tester les réactions du toro. Le torero tient le palillo et la garde de l’épée dans la main droite et ouvre ainsi le leurre au maximum.

Pecho

Passe de poitrine ou passe de pecho, elle est exécutée soit de la main droite, soit de la main gauche. Elle sert à achever une série de naturelles ou de derechazos et permet au torero de se libérer.

Manoletina

La manoletina, se pratique surtout en fin de faena, donnée par la droite, la muleta étant tenue main gauche, le bras gauche passé derrière la taille. Le toro est cité de face, corps immobile et pieds joints, seul le bras droit agissant. Le toro passé, le torero pivote pour enchainer avec une autre manoletina.

Molinete

Passe de muleta au cours de laquelle le torero tourne en sens contraire de la charge du toro.

Trinchera

Le torero donne une passe plus ou moins basse tout en interrompant la course du toro en baissant le leurre une fois qu’il est passé. Le toro est obligé de se retourner brusquement. Cette passe est très efficace en début de faena pour canaliser la charge du toro. Effectuée de la main gauche c'est une trincherilla.

 

Estocade

 

Le tercio de muleta se termine par l’estocade à l’aide de l'épée, qu'il existe trois manières de porter : « al volapié », la plus fréquente, « al recibir », la plus difficile et la moins employée, et « al encuentro », intermédiaire entre les deux précédentes.

 

L’estocade doit se porter dans la « croix » (la cruz), zone étroite située à hauteur du garrot, entre la colonne vertébrale et l’omoplate droite. Parfois, après l'estocade, le taureau tarde à s'écrouler. Le matador doit alors « descabellar » : il plante une épée spéciale (verdugo) entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale.

 

Après l'estocade (et éventuellement après le descabello), le coup de grâce est donné par l'un des peones , le puntillero, à l'aide de la puntilla, poignard à lame courte et large, plantée entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale  afin de détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.

Al volapié

le toro reste immobile, cadré, c’est le torero qui se jette sur lui pour enfoncer l’épée dans la "cruz".

Al recibir

Le matador attend, immobile, la charge du toro qui vient s’embrocher sur la lame.

Al arrancar

Commence comme le volapié, mais le toro très sollicité par le toque, baisse la tête et fonce dans le dernier mètre aidant ainsi le matador..

Al encuentro

Le matador provoque la charge et profite de celle-ci pour aller à la rencontre de l’animal, l’épée étant placée à mi parcours.

De Aguantar

Commence comme le recibir, mais le toro chargeant sans y être sollicité, le matador utilise cette charge et fait un pas en avant pour placer l’épée.

 

Les mouchoirs

- Le blanc permet au président de communiquer, c'est le plus utilisé puisque il annonce le début de la corrida en démarrant le paseo. Il autorise la sortie du toro, les changements de tercios, permet à la musique de jouer, etc . . .! 

- Le vert est destiné au changement du toro si celui-ci s’avère impropre au combat. 

-
Le rouge ordonne la pose des banderilles noires. 

-
Le bleu indique à l'arrastre l'octroi d'un tour de piste à la dépouille du toro pour l'honorer. 

-
Le orange permet au président de gracier un toro exceptionnel.

 

Les trophées

S’ils ont apprécié la prestation du matador, les spectateurs réclament

au président que lui soient accordées une, voire deux oreilles, et même

deux oreilles et la queue.

Pour ce faire, ils doivent agiter un mouchoir blanc, le président accorde

une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue en présentant un,

deux ou trois mouchoirs blancs.

Les trophées sont coupés sous la surveillance de l’alguazil qui les

remettra au matador après que la dépouille du toro aura été tirée

hors de la piste par l'arrastre.

Il ne reste plus au matador qu'à faire une vuelta al ruedo en saluant le

public, les spectateurs les plus enthousiastes lui envoient des bouquets de

fleurs, des cigares, chapeaux, etc. . .

 

Si aucune oreille n’a été accordée, le public pourra toutefois, par ses applaudissements nourris et répétés, demander au matador de "saluer à la barrière" (le matador entre en piste et salue le public en restant à proximité de la barrière), de saluer "au tiers" (le matador s’avance à

mi-chemin de la barrière et du centre de la piste), de saluer "au centre"

(le matador salue en s’avançant jusqu’au centre de la piste), voire de

faire une "vuelta al ruedo".

Si la prestation du matador a été fort peu appréciée, elle peut entraîner

une bronca : les spectateurs mécontents crient, sifflent, et il peut même

arriver que certains jettent des bouteilles sur la piste1. Parfois la réaction

est pire pour le matador que la plus forte des broncas : le silence.

 

Si le toro a été exceptionnellement bon, le président pourra lui accorder

à lui aussi une vuelta al ruedo en présentant un mouchoir bleu. Et s’il

a été plus qu’exceptionnellement bon, le président pourra, avant l’estocade, ordonner sa grâce ("indulto") en présentant un mouchoir orange.

 

Quand le matador a fini de saluer, il ne reste plus au président qu’à sortir son mouchoir blanc afin d’ordonner l’entrée en piste du toro suivant.

 

En fin de corrida, les matadors quittent l’arène l’un après l’autre, par ordre d’ancienneté. Si l’un d’entre eux a été particulièrement brillant, il sortira a hombros, sur les épaules de ses admirateurs.

 

Peut-être, récompense suprême, sera-t-il autorisé à sortir par la Grande Porte. À Séville, il devra pour cela avoir coupé trois trophées (soit trois oreilles, ou deux oreilles et une queue) au minimum ; à Madrid, deux trophées suffiront (étant généralement admis que si une seconde oreille madrilène et une seconde oreille sévillane ont environ la même valeur, la première oreille madrilène en a bien plus que la première oreille sévillane).

A Béziers, 2 oreilles sont nécessaires pour sortir "a hombros" par la "puerta grande", ailleurs, c’est selon le sérieux de l’organisation, le niveau d’exigence et de compétence du public, les coutumes locales, etc . . .

Décompte du temps lors du troisième tercio

 

Le temps imparti au matador pour mettre à mort le taureau est limité par le règlement taurin : il est fixé en principe à un quart d'heure. Cinq minutes avant la fin du temps réglementaire le président fait donner le « premier avis » par une sonnerie de trompette. Trois minutes après le premier avis, « deuxième avis ». Deux minutes plus tard sonne le « troisième avis » : le matador doit se retirer derrière la barrière, le taureau est ramené au toril où il sera abattu. Laisser sonner les trois avis est considéré comme la pire honte que puisse connaître un matador.

Une des justifications de ce temps imparti affirme qu'au-delà de cette durée, le taureau comprendrait que son véritable adversaire n'est pas la muleta mais l'homme qui tient la muleta, c'est pourquoi il devrait être tué avant qu'il se rende compte du subterfuge.

Cependant, il n'est pas possible d'affirmer que les taureaux comprennent nécessairement ce subterfuge au bout d’un quart d’heure. La rapidité d'apprentissage pourrait dépendre de l'individu. C’est pourquoi un certain nombre d’aficionadospensent qu’il faudrait autoriser le matador à prolonger le spectacle s’il se rend compte que le taureau est long à comprendre.

Une autre explication est parfois avancée : la limite des quinze minutes obligerait le matador à tenter de briller en privilégiant la qualité plutôt que la quantité de ses passes. Cette explication reste controversée : certains matadors peuvent enchaîner en moins de dix minutes de nombreuses passes jugées très médiocres.

Le quart d’heure ne comprend que la faena de muleta, l’estocade et éventuellement le descabello. Le temps passé à la pique et aux banderilles n’est pas décompté. De plus, le décompte ne commence pas au même moment selon le lieu de la Corrida, et le quart d'heure réglementaire n'est pas systématiquement respecté de la même façon :

  • autrefois en Espagne et en France, les quinze minutes étaient décomptées à partir de la première passe de muleta. Depuis 1991, elles le sont à partir du moment où le président donne l'ordre de changer de tercio.

  • au Mexique, les avis sont décomptés à partir de la première tentative d'estocade. Le matador dispose donc, non d'un quart d'heure, mais d'un temps illimité jusqu'à la première tentative d'estocade, puis de sept minutes à compter de ce premier essai. Cette spécificité n'est pas due aux taureaux eux-mêmes, car nombre d’élevages mexicains ont été constitués récemment à partir de taureaux importés d'Espagne ; dans nombre de corridas au Mexique, les taureaux sont espagnols;

  • en Andalousie, depuis le 1er avril 2006, le premier avis est en principe sonné dix minutes après le changement de tercio, comme partout ailleurs en Espagne ou en France. Mais si le matador tente une estocade moins de huit minutes après la première passe de muleta, le premier avis est sonné deux minutes après. Le président doit donc avoir deux chronomètres, là où un seul suffirait dans le reste de l'Espagne ainsi qu'en France. Le premier qu'il démarre lorsqu'il fait sonner le changement de tercio pour décompter les dix minutes, le second qu'il démarre à l'occurrence de la première tentative d'estocade, si celle-ci intervient avant la huitième minute, pour décompter les deux minutes restantes. La règle est la même, quelle que soit l'origine géographique du taureau ;

  • si la prestation du matador ne plaît pas au public, si celui-ci s’ennuie, nombre de spectateurs crient « aviso, aviso », bien avant les dix minutes réglementaires, pour demander qu’il soit mis fin à leur ennui. Bien souvent, le président n’attendra pas que six cents secondes se soient écoulées pour faire sonner les dix minutes. À l’inverse, si la prestation du matador plaît – ou semble plaire – au public, bien souvent le président ne fera sonner le premier avis qu’après douze ou treize minutes, déclenchant la colère de spectateurs qui auraient bien voulu qu’il ne soit sonné que deux ou trois minutes plus tard.

 
Deja que te mire -
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